KWENI Clothing

Kweni, la marque qui fait briller la mode Africaine.

J’ai commencé par hasard, en postant sur Facebook des photos de mes créations ou celles des stylistes qui me plaisaient. Puis, j’ai ouvert le groupe « J’aime le pagne de chez moi« , pour m’en servir comme d’un blog », raconte Yves Ngamako, heureux créateur de la marque Kweni Clothing. . Nous sommes en 2008, le webzine Fashizblack fait son apparition sur la toile. En dehors de la presse féminine noire, la mode africaine est quasiment hors radar. « Au départ, je dessinais mes modèles que je faisais coudre à Douala quand je rentrais. C’était juste pour moi, pas pour les vendre. Mais j’avais de plus en plus de demandes, alors l’été 2012, je suis repartie à Douala et j’ai utilisé les 1 500 € de ma bourse étudiante pour lancer une première commande. Je suis rentrée à Paris avec 15 modèles de robes et j’ai fait ma première vente. Des centaines de personnes sont venues et je n’avais pas assez de pièces. C’est là que j’ai compris qu’il y avait quelque chose à faire. J’ai quitté Paris pour m’installer à Douala et créer mon activité. »

Alors que ses études de langues le destinaient à tout autre chose, Yves Ngamako a choisi de créer sa marque de mode au Cameroun. Un pari gagnant puisque la petite entreprise Kweni Clothing qui vend en France et surtout Afrique, affiche en 2015, un chiffre d’affaires de 200.000 euros. « Après mon arrivée, des tas de petits couturiers ont copié mes créations. Mais, au Cameroun, la propriété intellectuelle ou industrielle, ça n’existe pas. La seule façon de lutter contre ça, c’est d’innover en permanence et de faire la différence au niveau de la qualité, du soin apporté aux détails et aux finitions », raconte le jeune chef d’entreprise. Si l’aventure africaine de Kweni Clothing est un succès, ils sont une minorité à venir s’installer réellement sur le continent. Entre les nombreuses coupures d’électricité, le manque de formation et d’infrastructures, l’absence de soutien de la part des pouvoirs publics et les difficultés administratives, la création d’une marque de prêt-à-porter en Afrique ressemble à la conquête de l’Ouest. « Ici, on se bat tout seul. Mais je conseille quand même à ceux qui hésitent à venir vivre en Afrique d’oser et de tenir bon. Il ne faut pas rentrer en Europe au bout de deux ou trois blocages. Il ne faut pas attendre non plus d’avoir 15.000 euros en poche pour se lancer. On peut y arriver », assure la selfmade woman qui a réussi à se faire connaître uniquement par le biais des réseaux sociaux.

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